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29 Décembre 2025
La consommation de Pastis
Le pastis, boisson anisée emblématique du sud de la France, incarne à lui seul la convivialité et la détente à la française. Né à Marseille dans les années 1930, il s’est imposé comme l’un des apéritifs les plus populaires du pays. Sa couleur dorée, son parfum d’anis et sa fraîcheur lorsqu’il est allongé d’eau en font un incontournable des terrasses estivales. Mais au-delà de son image folklorique, la consommation de pastis révèle des tendances économiques, culturelles et sociales bien ancrées.
Selon les données de FranceAgriMer et de la Fédération Française des Spiritueux, environ 45 millions de litres de pastis sont consommés chaque année en France. Cela représente près de 700 millions de verres servis par an. Le pastis reste le deuxième spiritueux le plus vendu dans l’Hexagone, juste derrière le whisky.
La région Provence-Alpes-Côte d’Azur concentre à elle seule près de 25 % de la consommation nationale, suivie par l’Occitanie et la région Auvergne-Rhône-Alpes.
En moyenne, un Français consomme 0,7 litre de pastis par an, mais cette moyenne cache de fortes disparités régionales : dans le sud, la consommation peut atteindre 2 à 3 litres par habitant et par an.
Le marché du pastis est dominé par deux géants : Ricard et 51, qui représentent ensemble plus de 80 % des ventes. D’autres marques régionales comme Casanis, Cristal Limiñana ou Henri Bardouin conservent une clientèle fidèle, notamment auprès des amateurs de produits artisanaux.
Les prix varient selon la marque et la qualité :
Pastis industriel (Ricard, 51) : entre 15 et 20 € le litre
Pastis artisanal ou premium : entre 25 et 40 € le litre
Pastis bio ou local : environ 30 € le litre
En grande distribution, le pastis représente un chiffre d’affaires annuel estimé à plus de 700 millions d’euros, confirmant son poids économique dans le secteur des spiritueux.
Le pastis traditionnel se compose d’un mélange d’alcool, d’anis étoilé, de réglisse et d’un bouquet d’herbes aromatiques. Sa teneur en alcool varie entre 40 et 45 % vol.
La recette classique consiste à verser 1 volume de pastis pour 5 à 7 volumes d’eau fraîche, selon les goûts. L’ajout de glaçons se fait toujours après l’eau pour éviter la cristallisation des arômes.
Variantes populaires :
Le Mauresque : pastis, sirop d’orgeat et eau
Le Tomate : pastis, sirop de grenadine et eau
Le Perroquet : pastis, sirop de menthe et eau
Le Rourou : pastis, sirop de fraise et eau
Un consommateur régulier dépense en moyenne 120 à 150 € par an pour son pastis, en comptant les achats en bouteille et les consommations en terrasse.
À domicile : environ 20 € par mois pour une bouteille de 1 litre consommé sur plusieurs semaines.
En bar ou restaurant : un verre de pastis coûte entre 2,50 € et 4,50 €, selon l’établissement.
Sur une base de deux verres par semaine, le budget annuel peut atteindre 200 € pour les amateurs les plus assidus.
Face à la montée des préoccupations de santé et à la baisse générale de la consommation d’alcool, le pastis s’adapte. Les marques développent des versions à faible teneur en alcool (25 à 30 %) et même des pastis sans alcool, destinés à un public plus large.
Le segment du pastis premium et artisanal connaît également une forte croissance, porté par la recherche d’authenticité et de produits locaux.
Enfin, l’exportation du pastis progresse, notamment vers la Belgique, la Suisse et le Canada, où il séduit les amateurs de culture française.
La consommation de pastis reste un pilier de la culture apéritive française. Entre tradition et modernité, cette boisson anisée continue de fédérer les générations autour d’un rituel simple et convivial. Si les habitudes évoluent, le pastis conserve son statut d’icône méditerranéenne, symbole d’un art de vivre à la française où le plaisir et la modération se rencontrent dans un verre doré.