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15 Mai 2026
L’Italie, troisième économie de la zone euro, occupe une place centrale dans le commerce international européen. En 2025, ses importations devraient atteindre environ 590 milliards d’euros, selon les projections de la Commission européenne et de l’Institut national de statistique italien (ISTAT). Ce volume, en hausse de près de 3,5 % par rapport à 2024, reflète la reprise de la demande intérieure, la modernisation industrielle et la dépendance structurelle du pays à certaines ressources énergétiques et matières premières.
Voyons ensemble la valeur des importations italiennes en 2025.
L’Italie est l’un des pays les plus ouverts au commerce mondial, avec un taux d’ouverture (somme des exportations et importations rapportée au PIB) supérieur à 65 %. En 2025, le PIB italien est estimé à 2 350 milliards d’euros, et les importations représentent environ 25 % de cette valeur.
Cette forte intégration dans les chaînes de valeur européennes et mondiales s’explique par la structure industrielle du pays : l’Italie importe massivement des biens intermédiaires, des produits énergétiques et des technologies nécessaires à son appareil productif, notamment dans les secteurs de l’automobile, de la chimie, de la métallurgie et de l’agroalimentaire.
Les importations italiennes se répartissent en plusieurs grandes catégories :
Produits énergétiques : environ 110 milliards d’euros en 2025, soit 18,6 % du total. L’Italie reste dépendante du gaz naturel, du pétrole brut et de l’électricité importée, principalement de l’Algérie, de la Norvège et de l’Azerbaïdjan.
Biens intermédiaires et industriels : près de 220 milliards d’euros (37 %), incluant les métaux, les produits chimiques, les composants électroniques et les machines-outils.
Biens de consommation : environ 130 milliards d’euros (22 %), dominés par les produits textiles, pharmaceutiques, électroniques et alimentaires.
Produits agricoles et alimentaires : environ 45 milliards d’euros (7,5 %), dont une part importante de céréales, de soja, de viande et de fruits tropicaux.
Services et technologies numériques : environ 85 milliards d’euros (14 %), en forte croissance grâce à la digitalisation et aux importations de logiciels, de services informatiques et de licences technologiques.
L’Union européenne reste le principal fournisseur de l’Italie, couvrant 55 % des importations, avec l’Allemagne (17 %) en tête pour les machines, véhicules et produits chimiques, suivie de la France (9 %) dans le pharmaceutique et l’agroalimentaire, des Pays‑Bas (6 %) pour l’énergie et la logistique, et de l’Espagne (5 %) pour l’agriculture et le textile. Hors UE, la Chine occupe 9 % avec les équipements électroniques et biens de consommation, les États‑Unis 6 % dans les technologies et le pharmaceutique, tandis qu’Algérie et Azerbaïdjan fournissent ensemble 5 % en hydrocarbures, et la Turquie 3 % en produits métallurgiques et pièces automobiles.
En 2025, les importations italiennes sont marquées par une transition énergétique avec la baisse des énergies fossiles (22 % en 2020 à moins de 19 % en 2025) au profit des équipements liés aux renouvelables, une reprise industrielle soutenant la demande en bien intermédiaires, une forte croissance du numérique avec plus de 8 % par an pour les services informatiques et technologies de l’information, et une stabilisation des coûts énergétiques grâce à l’appréciation de l’euro autour de 1,12 USD/EUR.
Malgré la solidité de ses échanges commerciaux, l’Italie reste fragilisée par une forte dépendance énergétique, qui alimente un déficit commercial de près de 35 milliards d’euros. Sa compétitivité industrielle demeure sous pression face à la concurrence asiatique, tandis que le pays doit intensifier ses investissements en recherche et innovation pour réduire sa vulnérabilité technologique et renforcer sa résilience économique.
Diversifier les approvisionnements, accélérer la transition énergétique et renforcer le virage numérique : voilà les priorités qui permettront à l’économie italienne de gagner en résilience et en compétitivité dans les années à venir.