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10 Février 2025
Est-ce qu’un bateau de croisière pollue ? Oui, oui et oui.
En parlant de pollution de la planète, on pense, en premier et surtout, aux véhicules automobiles, mais il y a aussi l’aviation. En effet ces deux moyens de transport sont responsables du rejet de grandes émissions de CO² (oxyde de carbone) dans l’atmosphère. Et dans cette gigantesque pollution, on oublie de parler des bateaux de croisière, ces mastodontes qui polluent davantage que les milliers d’automobiles et qui sont un cauchemar pour l’environnement… et les municipalités.
En effet, des études sur la pollution, menées sur les 94 bateaux d’une compagnie de croisière montrent qu’ils rejettent 10 fois plus d’oxyde de soufre que le parc automobile de 260 millions de véhicules, en Europe.
Un autre exemple : à Marseille, important terminal de croisières, en 2017, 57 bateaux ont fait une halte pendant 3342 heures. Ils ont émis, pendant cette période, autant d’oxyde d’azote que 85 000 véhicules, soit le quart du parc automobile de la ville.
D’autres pays touristiques en Europe, comme la Grèce, l’Espagne, l’Italie sont particulièrement impactées par ces villes flottantes de plusieurs milliers de touristes.
La ville de Barcelone est devenue l’une des villes les plus polluées d’Europe en raison, d’une part des rejets d’oxydes des 800 bateaux qui y font escale chaque année et d’autre part du « tourisme de masse » engendré, soit 1 million de croisiéristes, et pour l’Europe il s’agit de 8 millions par an.
Il s’agit du fioul, un résidu d’huile ultra polluant, beaucoup plus polluant que le diesel en raison de sa teneur en soufre, avec des répercussions néfastes sur l’environnement.
Sa consommation de carburant est plus importante que les autres grands navires. Elle varie bien entendu en fonction de sa vitesse, de la météo et de l’état de la mer et consomme environ de 60 à 150 tonnes par jour.
Même à quai, un tel bateau ne s’arrête jamais. Les moteurs tournent pour alimenter en électricité les cuisines, les restaurants, les salles de loisirs, les chambres, l’air conditionné, sans oublier l’entretien général du bateau. Il s’agit d’un village de 5 000 à 8 000 habitants qui vit sur la longueur du bateau.
Des émissions de particules fines ont été mesurées au terminal de Marseille, elles se mesurent à un niveau deux fois élevé que dans le vieux port.
Il reste très important puisque chaque arrêt dans un port équivaut à une pollution d’un million de voitures. (particules fines et dioxyde d’azote)
Une étude fait ressortir que le transport maritime serait responsable du décès de 50 000 à 60 000 personnes en Europe.
Océans pollués par le déversement des eaux usées (éviers, douches, toilettes, blanchisseries, cuisines, etc.) même après un passage dans un système d’épuration. On estime qu’un bateau de plus de 3000 personnes rejette ainsi en mer quelque 3 millions de litres d’eaux usées par semaine qui ont bien entendu des conséquences sur la faune maritime, les écosystèmes et la destruction des fonds marins.
Il semble donc facile de comprendre que de plus en plus de villes refusent l’arrêt de ces géants des mers impactant considérablement l’environnement et la santé.