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21 Juillet 2025
Le nombre de défaillances d’entreprises en France en 2024
L’ensemble des entreprises françaises ont été durement éprouvées durant l’année 2024, fragilisant ainsi un écosystème déjà sous tension. Sous l’effet combiné de l’inflation et du resserrement monétaire, les faillites d’entreprises ont atteint des sommets inédits en France durant cette période.
On parle de défaillance lorsqu’une entreprise se retrouve dans l’incapacité de régler ses dettes à partir des moyens dont elle dispose. Autrement dit, elle n’a plus assez de liquidités pour payer ses fournisseurs, ses charges sociales, fiscales ou ses salariés. En droit français, une défaillance d’entreprise correspond à « tirer la sonnette d’alarme » devant la justice pour faute de trésorerie. Concrètement, cela se traduit par l’engagement d’une procédure judiciaire collective auprès du tribunal compétent. Il en existe trois types, notamment la sauvegarde (l’entreprise anticipe et demande à être aidée avant de sombrer), le redressement judiciaire (l’entreprise se met en cessation de paiement pour repenser son fonctionnement interne et tenter de relancer la dynamique économique) et la liquidation judiciaire (l’entreprise en difficulté n’a plus d’autre issue que de cesser toute activité).
Jusqu’en fin décembre 2024, plus ou moins 66 000 défaillances ont été enregistrées à l’échelle nationale. Un pic de faillites jamais observé depuis deux décennies. Soit, sur les 4 millions d’entreprises environ actives en France, près de 1,6 % d’entre elles ont tiré la sonnette d’alarme en justice. Les entreprises les plus concernées par les défaillances au cours de cette année-là ont été principalement, les TPE (Très Petites Entreprises) avec leur capacité d’environ 121 000 euros de chiffre d’affaires en moyenne pour moins de 10 salariés par entreprise, ainsi que les PME (Petites et Moyennes Entreprises) capables de générer près de 6 000 000 d’euros en moyenne pour moins de 250 salariés. Ces dernières ont connu près de 90 % des défaillances à cause de leur trésorerie plus fragile. Les ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire) en revanche, avec un nombre de salariés compris entre 250 et près de 5 000, avaient à peine connu quelques centaines de cas seulement, mais très médiatisés (chimie, matériaux…), tout en notant son chiffre d’affaires moyen qui dépasse les 180 millions d’euros. Pour 2024, les grandes entreprises (de plus de 5000 salariés) n’ont quasiment pas connu de défaillance. Leur chiffre d’affaires atteint près de 5 milliards d’euros, montrant leur dominance économique. Ces chiffres révèlent la précarité des petites structures face aux différents chocs (énergie, taux d’intérêt, perte de marché).
L’emploi en France a connu beaucoup de difficultés à l’origine de la faillite d’un grand nombre d’entreprises pendant l’an 2024.
Parmi les causes principales, on compte la situation post-Covid en France. Après la crise de Covid-19, il y a eu un arrêt brusque des soutiens post-Covid. Au cours de la transition de l’année 2023 vers l’année 2024, la plupart des dispositifs exceptionnels comme le PGE (Prêt Garanti pour l’État), le chômage partiel renforcé ou les aides sectorielles, ont expiré sinon commencé à être remboursés, laissant ainsi de nombreuses entreprises sans filet de sécurité. De nombreuses TPE et aussi PME avait contracté le prêt PGE durant la pandémie, elles souffrent aujourd’hui et peine à faire face à son remboursement. Ces sociétés se sont retrouvées asphyxiées, au-delà des échéances, par le montant des annuités à rembourser.
Par ailleurs, l’explosion des coûts énergétiques et la hausse continue des prix du gaz et de l’électricité ont élevé les charges fixes des entreprises, surtout celles qui sont très consommatrices d’énergie, notamment dans les secteurs de l’industrie, du BTP et de l’agroalimentaire. Les conflits géopolitiques aussi ont entrainé la montée des droits de douane et fragilisé les chaînes d’approvisionnement, ce qui a impacté directement les coûts logistiques et d’import/export.
Durant cette période, ces faillites ont mis en péril plus de 260 000 postes sur l’ensemble du territoire. Comparé à l’année précédente, cela a représenté une hausse de plus de 30 %. La construction et l’immobilier sont les secteurs les plus concernés. À lui seul, ce domaine d’activité regroupe plus de 50 000 emplois concernés. Avec la hausse brutale des taux d’intérêt, le crédit immobilier a ralenti, réduisant inévitablement les projets de construction ou d’acquisition, donc moins d’activités pour les entreprises du bâtiment. Outre cela, ce secteur déjà exposé à des chaînes de sous-traitance très longues fait parfois défaut ou paie en retard, amenant ainsi toute la chaîne à s’effondrer et provoquant des défaillances en cascade. Ce secteur fait donc partie des secteurs touchés le plus sévèrement.
L’an 2024 a représenté une année charnière, marquée par une vague inquiétante de défaillances touchant en priorité les TPE et les PME françaises. Cette vague de défaillances n’a pas seulement concerné des chiffres, mais aussi affecté le tissu productif et social du pays.